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Rouler en ville

Écouteurs à vélo : est-ce autorisé ? Ce que dit la loi, l’amende de 135 € et les exceptions

Non, les écouteurs sont interdits à vélo en France, et ce depuis le 1er juillet 2015. Le décret n° 2015-743 du 24 juin 2015 a étendu aux cyclistes l’interdiction de porter à l’oreille un appareil qui diffuse du son, sous peine de 135 € d’amende.

Un seul écouteur suffit à être verbalisé.

À retenir
  • Les écouteurs sont interdits à vélo en France depuis le 1er juillet 2015.
  • Un seul écouteur suffit pour être verbalisé, à hauteur de 135 €.
  • Seuls les appareils correcteurs de surdité échappent à l’interdiction.

Ce que dit exactement l’article R412-6-1

Le texte vise le port à l’oreille, par le conducteur d’un véhicule en circulation, de tout dispositif susceptible d’émettre du son. Or un vélo est un véhicule au sens du Code de la route, électrique compris. La formulation est volontairement large : elle couvre les écouteurs filaires, les intra-auriculaires Bluetooth, l’oreillette unique et le casque audio.

Cette rédaction ne fait aucune différence entre téléphoner et écouter de la musique. Un podcast, un appel ou les consignes vocales d’une application GPS relèvent de la même infraction. Le même article interdit aussi de tenir son téléphone en main, y compris pour suivre un itinéraire. Un smartphone fixé sur le guidon n’est pas visé par cette partie du texte, mais l’oreille doit rester libre.

Les casques à conduction osseuse, souvent présentés comme la parade, sont eux aussi concernés, car ils se portent à l’oreille et émettent du son. Qu’ils soient vendus comme accessoire de sport ne change rien à l’analyse.

135 €, sans retrait de points : le détail de la sanction

L’infraction est une contravention de quatrième classe. L’amende forfaitaire est de 135 €, ramenée à 90 € si on la règle dans les 15 jours.

Aucun point ne saute : un cycliste n’a pas de permis à débiter.

Le barème des amendes à vélo va de 11 € à 135 €. Les écouteurs se situent tout en haut de l’échelle des infractions courantes, soit plus de douze fois le tarif le plus bas. Beaucoup de cyclistes l’ignorent, parce que l’interdiction est plus récente que celle du téléphone au volant et qu’elle est moins relayée.

Les exceptions : une seule, et elle est étroite

L’article exclut de l’interdiction les appareils électroniques correcteurs de surdité. Un cycliste appareillé peut donc rouler normalement. Cette exception vise des dispositifs médicaux, pas un casque de sport ou des écouteurs achetés pour la musique. Aucune dérogation n’existe pour un GPS vocal, un appel professionnel ou un vélo à assistance électrique.

L’enceinte portable est un cas à part. Elle ne se porte pas à l’oreille, donc l’article R412-6-1 ne la concerne pas. Mais un volume qui gêne les autres usagers ou les riverains expose à une contravention pour nuisance sonore.

Le Code de la route ne prévoit aucune tolérance pour les trajets courts.

Rouler en musique sans risquer l’amende

La règle repose sur un constat simple : des écouteurs coupent le cycliste de son environnement sonore. Or en ville, une grande part de l’information arrive par l’oreille : le klaxon, la sonnette d’un autre cycliste, une sirène de pompiers, le bruit d’une voiture qui s’apprête à doubler. Une portière qui s’ouvre ne s’entend pas, mais le moteur du bus qui s’approche par l’arrière, si.

Les alternatives légales existent. Une petite enceinte fixée au guidon, réglée à volume modéré, permet d’écouter de la musique sans enfreindre l’article R412-6-1. Pour le GPS, on peut lancer l’itinéraire avant de partir et laisser le téléphone sur son support, avec les instructions diffusées par son haut-parleur. Les sons du quotidien restent alors audibles.

Pour le trajet domicile-travail, une habitude simple règle le problème : préparer sa playlist ou son podcast pour la pause déjeuner ou la fin du trajet, une fois le vélo cadenassé. Le téléphone reste en mode silencieux, fixé sur son support, avec l’écran réservé à la navigation. La plupart des applications de cartographie proposent aussi de télécharger l’itinéraire à l’avance pour ne pas avoir à toucher à l’appareil en route.

Si un avis de contravention arrive, la contestation se fait dans les 45 jours. Passé ce délai, l’amende est majorée à 375 €.

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